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Magellan

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D’accord, ton existence n’est pas idéale. D’accord, tu n’as pas eu de chance à certains moments. D’accord, tu as sacrifiée un bout de ton avenir pour un autre. Mais est-ce une raison pour te plaindre sans cesse, en laissant résonner dans toute la maison à longueur de journée tes regrets et tes soupirs ? Je crois avoir compris. Tu es malheureuse, même si ta vie est déjà presque comblée. Mais il te manque quelque chose. Il te manque ce que tu aurais pu être, ce que tu voudrais devenir. Je le sais. Ça te fait mal. Ça suscite au fond de toi des remords de ne pas avoir fait le bon choix. Mais il faut que tu réalises qu’il y a pire, bien pire que toi. Tu as tout. Même si ta santé est fragile, même si ton mari est tête en l’air, même si ta fille n’est pas ton portrait exact de perfection et d’efficacité. Tu vas me dire: « Ce ne sont que des possessions, des biens matériels. Ce n’est pas ce que je veux. » Qu’en est-il cependant de l’amour que t’a porté ta famille ? Tu ne t’en es pas encore rendu compte. Tu l’as perdu. Et en partie par ta faute. Les fautifs, ce ne sont pas que mon père et moi. Toi aussi tu en fais partie. C’est triste, quand même. Lorsque tout était encore possible, tu as voulu foncer vers le point de non-retour. Mon père aussi. J’étais trop petite pour le savoir. Je ne l’ai pas su. Ou plutôt, je ne l’ai su que trop tard, lorsque nous étions déjà trop près du trou noir. Je n’ai rien pu faire. Et j’ai plongé avec vous.

Tu te détruis toi-même, comme tu te complais à t’apitoyer sur ton sort. Tu voulais partir. Tu es partie. Tu voulais voyager. Tu as voyagé. Tu voulais créer. Tu as créé. Tu voulais vivre une existence d’artiste et de bohème. Tu l’as vécue. Tu voulais avoir un enfant. Tu l’as eu. Et pourtant, tu n’as pas réalisé ton plus grand rêve. Et c’est trop tard. C’était ton choix. Influencé par l’autre. Tu n’as pas regretté, sur le coup. Et maintenant que désœuvrée, tu erres dans ta prison dorée, tu réalises que ce n’est pas ce que tu voulais. Tu as perdu le jeu. Dommage. Tu aurais pu gagner. Tu y étais presque. Maintenant, ce n’est plus pareil. Aucun retour en arrière n’est possible. Les machines à remonter le temps n’existent pas. Tu souffres de ne pas avoir fait ce que tu aurais dû faire. Tes traumatismes remontent dans ton esprit. Sa mère folle qui riait de son rire dément. Son frère drogué qui réclamait de l’argent. « Qu’ai-je donc fait de mal ? », tu te demandes. Tout te paraît fade, routinier, ridicule. La lumière du ciel s’est éteinte en même temps que celle de tes yeux. Je le sais. Tu as perdu le goût de la vie. Un rien t’irrite, un rien t’énerve. Ton cœur n’est plus. Ton seul appui ? Ta fille. Elle te comprend. Elle essaie de t’aider. Elle sait que tu vas mal. Elle sait que ta vie te déplaît, même si tu possèdes déjà beaucoup. Elle sait pourquoi. Mais tu l’as fait souffrir. Tu l’enveloppes trop dans son cocon. Elle cherche à se libérer. Quelques altercations surviennent, ponctuées de tes réactions excessives. Si bien que le moment venu, tu as été la dernière à savoir ce qu’elle a vécu au collège. J’avais peur que tu fasses quelque chose de mal. Quelque chose d’indéfini, mais quelque chose de mal. J’ai beaucoup réfléchi. Une année durant, j’ai observé. Puis ça a commencé. Tu ne voyais plus que le négatif, tu n’étais plus que focalisée sur toi-même. Toi, ta vie, ton sort. La manière dont les gens te traitaient. La manière dont mon père oubliait. Ça t’a poussée à bout. Alors tu t’es refermée sur toi. Tu ne t’es plus que plaint, sinon tu hurlais. Et il y avait des fois où tu souriait aussi. Mais tu te regardais trop. Il n’y avait plus que toi. Que tes sentiments, que tes valeurs, que tes droits. Tu me rabaissais, tu m’insultais, tu me frappais, parfois. Et tu m’as perdue. En même temps que toi. A jamais.
 
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Magellan

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Ça recommence. Je suis fatiguée de vos disputes. Surtout que je ne m’y attendais pas à cette fin. Quand ce genre de choses arrive, je ne m’y attends jamais. Je ne suis jamais prête. C’est aussi pour cette raison que tout déraille à chaque fois. Moi qui croyais qu’il n’y aurait que des hurlements et des insultes... Je n’ai pas compté l’explosion de violence de mon père. J’ai perdu contrôle de moi-même. C’est pourtant rare.

Ça me fait mal. Il n’y a pas que vous qui souffrez. Vous dites que vous avez peur de me traumatiser. Pourtant vous ne vous rendez pas compte à quel point de simples paroles, minimes, peut-être, par rapport à d’autre choses, peuvent blesser profondément. Vous ne savez pas. Vous ne saurez pas.

Je sais que ma vie n’est pas la pire au monde. Il y a toujours plus terrible. La douleur et la souffrance existent sous toutes les formes. Alors je me résigne. C’est la vie. Des épreuves à traverser. C’est tout. Ce n’est pas si grave. Je n’ai rien à dire.

Mon visage déformé de haine semble pleurer de tristesse, alors que mes yeux sont brillants de larmes de colère. C’est incroyable à quel point ils peuvent se méprendre à mon compte. Ils ne réaliseront jamais que je les hais.
 
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Comment as-tu pu me dire que je n’avais pas le droit de casser un verre par terre alors que toi tu faisais la même chose, soit-disant parce que tu n’en pouvais plus, et que je t’ai répondu de manière insolente ? Comment as-tu pu t’imaginer que je te disais que tu n’étais pas obligée de vivre, alors que je t’expliquais simplement que je ne te forçais pas à hurler, et que tu te fâchais toute seule ? Je sais bien que c’est en partie de ma faute. J’ai été trop lente - pour toi. Et surtout, je n’ai pas appris de mes erreurs. Je n’aurais pas dû prendre autant de temps. J’aurais dû m’en douter que tu allais réagir comme ça. Dans ton délire d’interprétation et de persécution, dans tes idées fixes d’auto-victimisation, dans tes illusions de self-martyre, j’aurais dû deviner que tu allais le prendre de cette manière.

Evidemment, tu t’es étourdie, tu t’es exaspérée, tu t’es énervée, tu n’en finissais plus. Soudain, tu as saisi la tasse, tu l’as brisée par terre. Il s’est fait un silence de mort. Pendant un instant d’anticipation électrique, pas un son. Et j‘ai fracassé le verre sur la table. Du sang sur mes doigts. Des bouts de verre dans mes mains. Tu as jeté la soucoupe. Je t’ai regardée. J’ai fermé les yeux. Et j’ai pleuré. Sans un bruit.
 

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J’ai souvent l’impression de cohabiter avec deux fous. L’un qui ne sait pas ce qu’il dit, qui ne se rappelle jamais de rien, qui n’écoute pas ce que les autres lui disent, qui accuse tout le monde sauf lui-même, qui est inconscient de ses défauts, qui vit dans son propre univers et qui procède soit par le déni, soit par les insultes, soit par la violence. L’autre qui se prend pour la martyre des injustices existentielles, qui hurle pour un rien, qui interprète mal tout ce que l’on lui dit, qui s’imagine méprisée de tous, qui se plaint tout le temps, qui geint sur son sort sans arrêt, qui regrette sa vie passée alors que c’est son choix - bien qu’elle accuse toujours les autres -, qui trouve des fautes à tout le monde sauf à elle-même, qui frappe et qui casse des choses dès qu’elle en a marre de quelque chose, qui refuse d’écouter la raison quand elle est en colère, qui s’admire elle-même à un point improbable, qui croit avoir sacrifié toute sa vie et de l’avoir gaspillée, qui se croit parfaite, qui n’accepte pas les défauts des autres et qui est uniquement focalisée sur elle-même. Et tous deux se rejettent l’un l’autre leur folie mutuelle. Dois-je donc essayer de partir le plus rapidement possible pour ne pas moi-même sombrer dans la démence ? Il semblerait que oui. Mais je dois attendre dans la passivité. Quand tout cela se terminera-t-il ?
 

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J’en ai marre de tout le temps devoir servir de messagère entre vous deux. Si vous me payiez dix euros par course, j’aurais tôt fait de gagner des millions d’euros. Mais je n’en peux plus de devoir m’acquitter de cette tâche. Comprenez-vous que je suis votre fille, à vous deux ? Je ne peux pas venir critiquer l’un aux oreilles de l’autre pour lui faire plaisir puis faire la même chose de l’autre côté, flatter l’un pour le rendre heureux puis discourir devant l’autre de l’ingratitude de celui-ci. Vous ne vous rendez même pas compte que je vous prends tous deux pour des paranormaux. Si vous saviez ce que je pense de vous... Quelle naïveté. A croire qu’un simple enfant de treize ans est plus conscient que vous, adultes.

*Mon message du 17 mai s’est supprimé, donc je le réécris, grâce à ma mémoire.
 

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J'ai pleuré devant toi, devant vous, aujourd'hui. Après la dispute, après la violence, après la débâcle, tu me demandes pourquoi je pleure. Quelle ironie. Je te réponds: "Je ne sais pas". C'est la vérité. Je ne sais pas. Tu t'inquiètes. Tu me reposes la même question. Je te dis que je suis désolée. Les larmes viennent toutes seules. "Serais-tu par hasard dépressive ?" me demandes-tu. Non. Ça fait depuis des ans que je pleure souvent, régulièrement. Seulement, aujourd'hui, j'ai pleuré devant toi. Ça te pose un problème ?

Je ne suis pas dépressive. Déconne pas. Dépressive pourquoi ? La seule raison plausible, ce serait à cause de vous. A cause de vous ? Je vous crache dessus, comment pourrais-je être dépressive à cause de vous ?
 
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