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🌮Sujet Officiel Babillard gĂ©nĂ©ral de l'oasis

Errailleurs

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Je ne sais pas comment te faire comprendre.. Je me rĂ©pĂšte et me rĂ©pĂšte sans que ça n'ait d'impact sur la vision des choses. Tu es comme bloquĂ©e dans ta position. Tu veux qu'une seule chose, que tu n'auras pas. Ce n'est mĂȘme pas de l'espoir, c'est du dĂ©ni. Tu refuse que ça puisse ĂȘtre autrement, alors tu t'entĂȘte. Tu te fais du mal.. Tu ne veux mĂȘme pas voir le problĂšme plus profond.. Tu ne veux pas le voir. Je te le fais remarquer mais tu ne veux pas y remĂ©dier. Tu ne veux pas avancer, tu veux revenir Ă  avant. Sauf qu'avant n'est plus..
Tu te fais du mal, et tu t'en fiche.. Tu ne veux pas aller mieux.. Tu ne veux pas de ton bien-ĂȘtre.. Tu veux moi.. Mais ton bien-ĂȘtre ne peut pas passer par moi. Il ne doit pas passer par moi. Il doit passer par toi. Et personne d'autre.

Et je ne t'insulterai pas non. Et personne ne devrait t'insulter non, surtout pas toi.
Ca me rend tellement triste que tu penses ça..
 

Bloody Mary

Grand(e) sage
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C’est par leur lĂąchetĂ© que les hommes peuvent s’évertuer Ă  vivre, qu’ils peuvent ĂȘtre si opiniĂątres Ă  ne pas mourir. Pourquoi ne sont-ils pas ainsi, ceux qui quand ils allument la premiĂšre flamme Ă  leurs pieds ne se jettent pas dans l’eau de la riviĂšre ? Pourquoi ne sont-ils pas ainsi, ceux qui posent des bombes, ceux qui ne se protĂšgent pas des mots qui les dĂ©truisent, ceux qui gardent un coeur fidĂšle ? Et est-ce seulement souhaitable de ne pas l’ĂȘtre, n’est-ce que de la naĂŻvetĂ©, un manque de rĂ©flexion et un culte de l’extrĂȘme propre Ă  la jeunesse ? Ainsi dĂ©catis et protĂ©gĂ©s par le confort immuable de leurs jours, l’armĂ©e des vieux professeurs en rient. Les gestes de dĂ©sespĂ©rĂ©s ou de fous, qui seront oubliĂ©s. Mieux vaut durer, durer comme une masse minĂ©rale, comme une bougie qui ne se consume pas, comme un feu qui brĂ»le avec rĂ©gularitĂ© sans s’éteindre brusquement. Notre identitĂ© ne disparaĂźt-elle pas par cet enfilement de concessions, cette succession de dĂ©ceptions acceptĂ©es ?
C’est sĂ»rement une habitude frĂ©quente dans les amours humaines, que de jurer qu’on ne peut pas vivre sans l’autre, qu’on ne peut l’oublier, avant de s’habituer Ă  vivre sans lui, et de l’oublier. La blague est un peu trop grosse, le cycle un peu trop rĂ©pĂ©titif pour ne pas finir par s’y attendre, non ? Loin de moi l’idĂ©e que ce reproche vienne du dommage d’amour propre que tu m’aurais causĂ© en acceptant de te passer de moi. Non, je ne l’observe que comme une rĂšgle tacite et pourtant universelle, qui n’appartient dĂ©jĂ  plus Ă  mon expĂ©rience purement personnelle. C’est ainsi que nous pouvons continuer, comme nous porte le courant, sans n’ĂȘtre plus cramponnĂ©s Ă  nos promesses passĂ©es ou Ă  nos certitudes d’alors. Est-ce si Ă©trange que de conserver au fond de soi l’écho des mots que nous prononçons Ă  nouveau, formulĂ©s dans un hier encore vivant Ă  un autre visage ? Comme si l’ombre de l’autre renaissait quand on rĂ©emploie ces quelques termes, comme si l’on prenait soin de ne pas user des mĂȘmes pour ne pas faire rĂ©apparaĂźtre son fantĂŽme ? Pour les autres pourtant, chaque promesse d’absolue est la premiĂšre, tout le passĂ© s’en va dans le vent au lieu d’éroder ces mots qu’on redit.
C’est ainsi que nous pouvons continuer, avec seulement un fond d’amertume Ă  l’idĂ©e de nos idĂ©aux passĂ©s. Peu importe au fond si la lutte n’a pas lieu, nous lui survivrons. Notre pulsion de vie, source de lĂąchetĂ©, est insatiable. C’est elle qui nous pousse Ă  ouvrir le rideau des autres jours mĂȘme sans essayer de leur trouver une cohĂ©rence. L’existence des choses, avant leur essence, avant ce qu’elles signifient. Tant qu’elles demeurent, le calme est prĂ©servĂ©, l’accord tacite respectĂ©, et tant pis pour l’absurde. Que n’est-ce sinon la lĂąchetĂ© qui fait Ă  l’homme accepter la compromission, la lente rĂ©duction de ses dĂ©sirs, la perte d’espoirs de son lendemain. Son idĂ©al lui-mĂȘme tĂąchĂ© de sa lĂąchetĂ©, vague papier qu’on brandit, vague affiche que l’on colle. Les maĂźtres de ses combats rĂ©duits en une collection de livres sur l’étagĂšre d’un salon de province, et encore. Car au fond toi tu le sais, qu’il n’y aura pas de livre narrant nos rĂȘves que dans cent ans un bouquiniste vendra. Le dĂ©sir de vie est impitoyable, il jette les promesses s’il faut, pour rester oblique. Cela est donc l’histoire de milliers d’absolus, de parfaits, de rĂ©volutions presque rĂ©elles tant elles ont Ă©tĂ© dans l’esprit ressassĂ©es, qui ne survivent Ă  rien, que chaque dĂ©cennie engloutit. Nos idĂ©aux ne perdurent pas au-delĂ  de notre mort physique, ils meurent avant, chaque jour et chaque annĂ©e. Et qui de plus lĂąche que celui qui prĂ©tend vouloir les voir perdurer mais les enterre lui-mĂȘme ? Qui de plus lĂąche que celui qui exprime leur rĂšgne mais qui par une vague injonction, s’épouvante de ne pas voir l’absurde reprendre le dessus ? Comme une incohĂ©rente rĂšgle que celui qui mĂ©prise les rĂšgles a intĂ©riorisĂ©e. Il ne faut pas faire de ses souvenirs un linceul. Un impĂ©ratif de mollesse.
Imagine donc ma stupeur, Ă  constater chaque jour l’entĂȘtement dĂ©sincarnĂ© et passif de ceux qui sont presque certains dĂ©sormais que leur vie ne sera que contingence, mais ne semblent pas s’en Ă©mouvoir. Continuent-ils Ă  espĂ©rer, d’un songe qu’ils savent lĂąche ? Ou n’espĂšrent-ils plus ? Et enfin, cruciale question finale : lequel des deux est le plus signe de lĂąchetĂ© ? Il me semble voir ton corps se couvrir de poussiĂšre et le sang se retirer de tes yeux quand tu me dis « peu importe », toi qui fait face Ă  des amours dĂ©cevantes et ne s’attend peut-ĂȘtre pas Ă  en trouver de plus vraies plus tard. C’est ainsi que toutes les ombres des figures idĂ©alistes de mon passĂ© se faufilent, mesquines, Ă  travers les annĂ©es. Pourquoi, nul ne le sait et sĂ»rement pas elles-mĂȘmes. Plus besoin de pourquoi. On ne prend plus notre vie comme un conte moral, mais comme un enchaĂźnement de jours et de nuits. Tant pis si chaque matin les rĂȘves viennent se briser sur la grĂšve. Nous sommes une gĂ©nĂ©ration de lĂąches et de raisonnables, bien loin de ceux que nous disions admirer et bien plus prĂšs de ceux que nous dĂ©crions. Car oĂč est-il dans tout cela, le sacrifice de celui qui prĂ©fĂšre souffrir plutĂŽt que de voir qu’on lui impose par sa complicitĂ© quelque chose qui n’est pas juste ? Il se tait au profit de thĂ©ories et de longues justifications qu’on ferait passer pour philosophiques. Il construit le rĂšgne de l’immobilisme et le solidifie chaque jour de nouveaux arguments. Ou ne prend mĂȘme plus la peine d’en trouver, sans qu’on sache Ă  quel point il reste conscient de sa propre passivitĂ©. Je sais que ça ne vous fait pas pleurer, je sais que ça ne vous empĂȘche pas de dormir la nuit. Peut-ĂȘtre mesure-t-on le niveau de lĂąchetĂ© d’un homme Ă  sa capacitĂ© Ă  ĂȘtre raisonnable. Et peut-on reprocher, au fond, Ă  l’humain de faire passer avant le reste la garantie de sa survie individuelle ? De prĂ©fĂ©rer les certitudes et les contingences de son existence Ă  l’idĂ©e d’influer sur la marche de l’histoire ? De refuser de faire un acte peut-ĂȘtre pour rien, sans mĂȘme savoir ce qu’il va donner. De jeter son confort pour des hasards de foule. Il est vrai qu’il est bien plus sĂ»r d’épouser la voie rationnelle consistant Ă  faire grandir une plante qui ne donne pas de fleurs. L’homme raisonnable arrive Ă  ĂȘtre heureux en aimant Ă  moitiĂ©, en croyant Ă  moitiĂ©, stoĂŻcien, mais en devenant vieux. Amorphe, amor fati. Quand on ne fait rien de sa colĂšre elle aussi elle pourrit. Peut-on le lui reprocher, d’ĂȘtre un tel magicien de l’oubli ? L’humain n’est probablement pas fait pour se consumer, ĂȘtre Ă©cartelĂ©, Ă©corchĂ©, mais pour durer. Il ne garde pas son seul amour intact et ne l’attend pas Ă  travers les saisons, son souvenir dans la poche comme seule rĂ©compense. Les saisons le dĂ©figurent et le salissent, et est-ce si regrettable ? Le cƓur se retrouve lĂ©ger, dĂ©barrassĂ© de la lourdeur de ses promesses comme une ancre dans la rĂ©alitĂ©, libre. Libre, lĂąche.

Mon cher maĂźtre Ă  penser, tu m’auras montrĂ© quelle est la plus prĂ©cieuse des armes pour vivre. A travers toi j’ai fait l’apprentissage de la vie, qui est donc celui de la lĂąchetĂ©. Voici donc la derniĂšre de tes leçons, ta valeur qui de toutes les autres triomphe, celle qui sert Ă  durer.

« Tu vois, je ne pensais pas pouvoir guérir.
Mais l’homme est docile, il s’adapte à tout.
Il se ment et se renie avec une facilité dérisoire. Il ne connaßt pas les limites de sa volonté de vivre, de son égocentrisme.
Les individus passent leur temps Ă  s’inventer, Ă  se dĂ©finir, Ă  se proclamer, mais rien du bel Ă©difice qui ne soit modifiable, avec toujours des excuses, des prĂ©textes en stock. »
 
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Lune35

Éclaireuse
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Wow, chaque jour, je te croise plusieurs fois et je viens tout juste d'entendre ta voix pour la premiĂšre fois ... bah tu t'en fous mais je suis déçue ... mĂȘme si c'est peut-ĂȘtre moi qui veux ĂȘtre déçue ...
Et je trouve ça un peu normal, d'ailleurs 😊
 

-Forest-

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Tu es merveilleux tu sais, tu m'avais tellement manquĂ©. Je suis pudique et peut-ĂȘtre un peu timide, et j'avais pas ultra envie de trop le montrer, de peur de paraĂźtre trop Ă©motionnel ou sentimental, bien que tu le sois pas mal toi aussi. T'es tellement gĂ©nial et je sais que je morflerais si je devais te perdre. J'ai adorĂ© ce resto, ces discussions, ces dĂ©lires qu'on a, et j'ai hĂąte qu'on joue et qu'on se revoie
Au final, tu ne sauras jamais tout ça, et c'est tant mieux. Et j'imagine que j'étais pas trop weird
 

Cosmos

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Si tu as pu m'apprendre quelque chose c'est que l'amour est, au moins, insĂ©parable de la conscience. Sans conscience, il n'y a pas d'amour. J'oppose Ă  conscience l'idĂ©alisation, car la conscience se rattache Ă  tout ce qu'il y a de plus matĂ©riel. Du dĂ©but de l'humanitĂ© Ă  son dĂ©veloppement Ă  travers les Ăąges dans les diffĂ©rentes communautĂ©s archaĂŻques encore en grande partie humaine et consciente aux sociĂ©tĂ©s aliĂ©natoires du monde qui mangent et asseoient leur domination sur tout. Qu'est-ce que le matĂ©rialisme historique si ce n'est la connaissance que tout est en train de basculer, que nous sommes bouffĂ©s et rongĂ©s, que nous ne savons plus respirer, manger et interagir si ce n'est entre machines productives et vides, tout ça Ă  cause du dĂ©veloppement historique nĂ©cessaire des humains divisĂ©s sur une trop grande planĂšte pour retrouver une communautĂ© universelle de l'ĂȘtre. La seule chose positive que nous aura apportĂ© le Capital c'est bien de nous avoir mis tous ensemble. On est tous ensemble mais mal tant que ne seront pas abolies ces institutions dĂ©vastatrices de l'anti-humanitĂ© Ă©crasĂ©e et asphyxiĂ©e. C'est peut-ĂȘtre en ça que l'amour est vĂ©ritable, infini, source de puissance de vivre, de jouir, car il s'inscrit dans la longue durĂ©e historique du cosmos, seule chose absolue.
 
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Nuvole Bianche

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Ce ciel lointain, ce moment infini
Je voudrais maintenant voir les Ă©toiles
Dans ce petit manĂšge
Qui continue Ă  tourner sans fin
I want to be eternal like him
 

🌈🌠Hope🌠🌈

XĂ©na la guerriĂšre
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Si quelqu'un doit vraiment ĂȘtre tenu responsable pour ça, si il faut absolument qu'une personne soit punie, alors je suis prĂȘte Ă  l'ĂȘtre Ă  sa place. Elle n'a rien fait de mal, c'est ma meilleure amie, elle a toujours essayĂ© de m'aider, elle mĂ©rite pas ce que vous voulez lui faire subir. Alors tant pis, si y a une vie a gĂącher, j'ai dĂ©cidĂ© que ce serait la mienne. J'ai plus rien Ă  perdre de toute façon...
 

Lune35

Éclaireuse
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J'ai besoin de réfléchir
À l'Ă©crit
Sur du papier
Mais ça attendra
😞😞😞
 

Bloody Mary

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Dans l'obscurité protectrice, deux corps qui établissent une intimité de gestes et de mots. Un pli dans le monde, un creux dans les rues. Le toit qu'on cherche à retrouver aprÚs une journée d'errance. On collecte des souvenirs qu'on érige comme remparts. Des souvenirs qui demeurent plus vivants que chaque moment que nous vivons qui file dans le vent.
Une part de ma vision des choses m'a Ă©tĂ© ĂŽtĂ©e. Je me cramponne moins Ă  ce que je sais, Ă  des idĂ©aux auxquels je rĂȘvassais le jour durant, Ă  mes souvenirs, aussi. Tant de choses Ă  prĂ©sent me sont Ă©gales, puisque une certaine idĂ©e du sublime m'a Ă©tĂ© subtilisĂ©e, qu'une certaine idĂ©e de la perfection a Ă©tĂ© transgressĂ©e. Cela me semble assez indĂ©cent Ă  prĂ©sent, de se reposer sur des thĂ©ories de philosophes comme des mobiles de verre. Elles-mĂȘmes ne sont pas exemptes de taches, d'approximations, de la contamination de l'Ă©poque et des frustrations de l'individu, de centaines de biais et de visions subjectives qui Ă©rigent au rang de risible chaque personne disant aspirer Ă  un idĂ©al d'objectivitĂ©, de puretĂ©. Le fossĂ© de la rĂ©alitĂ© sĂ©pare les sculptures aĂ©riennes des mots des routes monotones du quotidien, implacablement. Et maintenant je sais, que Dieu n'existe pas. Il n'y a pas de perfection, pas de miracle de la vie, Ă  moins que cela soit valable dans une forme d'entropie. Les choses sont comme elles sont, mais nul besoin de trouver un ordre, une voie qui leur donne une cohĂ©rence particuliĂšre et singuliĂšre. La vie c'est l'aveu qu'il n'existe aucune cohĂ©rence dans les choses. Loin de moi cependant l'idĂ©e que cette absence de cohĂ©rence soit signe d'un lent dĂ©clin certain, d'une forme de ruine inĂ©vitable et pathĂ©tique Ă  la Cioran. Si je dis qu'il n'y a pas de ligne et de cohĂ©rence, c'est qu'il n'y en a ni une dans le nĂ©gatif, ni une dans le positif, ni une dans l'ombre, ni une dans la lumiĂšre. Tous ceux qui se tiennent Ă  une doctrine de vie et Ă  des certitudes, quelles qu'elles soient, ne s'accrochent par lĂ  qu'Ă  une sorte de viatique illusoire. C'est que notre vie est infiniment plus simple quand nous lui cherchons une balance, une histoire de roue qui tourne, de karma, de sens, de mĂ©rite. Pourtant tout nous montrera Ă  un moment le caractĂšre bien frĂȘle de ces certitudes. Tout est plus simple quand nous trouvons une marche Ă  l'Histoire, quand nous construisons un monde en noir et blanc. Pourtant au fond de nous demeure, le doute face Ă  tout cela, matĂ©rialisĂ© par ces flottements, l'impression que les rues sont faites en carton et que face au miroir nous ne sommes rien. Notre angoisse existentielle, le manque de sens irrĂ©ductible de notre vie, nous pousse Ă  crĂ©er des Ă©difices bien dĂ©risoires, Ă  se crĂ©er nous-mĂȘmes pour Ă©viter d'affronter notre contingence. De se trouver une mission Ă  accomplir alors que nous n'en avons aucune. Combien de ruses crĂ©Ă©es par l'esprit humain pour Ă©chapper Ă  son insoutenable lĂ©gĂšretĂ©. Mais ces ruses le trahiront lui-mĂȘme, par leur manque d'honnĂȘtetĂ© et d'humilitĂ©, Ă  s'obstiner Ă  penser que sa vie va dans une direction prĂ©cise. L'Ă©difice s'effondre quand on pense l'avoir consolidĂ©, et Ă  la question "pourquoi moi ?", pas de rĂ©ponse. Je ne crois pas au fatalisme comme je ne crois pas au libre-arbitre: je pense qu'il n'existe qu'une forme de dĂ©terminisme absurde, dans le sens oĂč il ne suit aucune rĂšgle morale, qu'il ne possĂšde aucune courbe ascendante ou descendante. Notre humilitĂ© rĂ©side Ă  prĂ©sent Ă  accepter d'affronter le fait que nous ne sommes que poussiĂšres, Ă  regarder la mort sans tenter d'imaginer un aprĂšs par manque d'honnĂȘtetĂ©, Ă  accepter que les justes ne seront pas rĂ©compensĂ©s et les coupables pas punis. D'accepter que chaque seconde de notre vie passĂ©e Ă  apprendre, Ă  lire, Ă  peindre ou Ă  Ă©couter de la musique n'est qu'une ruse pour Ă©viter de penser Ă  cela: notre existence est absurde et vide de sens. Et en tant qu'animaux dotĂ©s d'une conscience particuliĂšrement dĂ©veloppĂ©e, nous ne pouvons le supporter, cela nous couperait notre envie de vivre, ces rĂ©flexions nous rendraient trop mornes et trop atones. Si nous rĂ©flĂ©chissions Ă  toutes ces contingences un peu plus profondĂ©ment notre espĂšce s'Ă©teindrait mais l'animalitĂ©, heureusement, nous en prĂ©serve.
C'est l'animalitĂ© que nous refusons de voir, en Ă©laborant l'art et la philosophie, notre corps qui nous trahit, notre lĂąche pulsion de vie, le manque de noblesse dans chaque action que nous entreprenons, Ă  l'exception de quelques poussĂ©es fulgurantes et presque pures, notre violence. Cette violence et cette pulsion de vie qui pousse les gens Ă  regarder du porno ou Ă  contenter le corps d'un plaisir Ă©phĂ©mĂšre que l'esprit refuse de regarder, trop cru, trop bestial. Qu'est-donc un couple sans amour, de la bestialitĂ©. Quand on perd ce que nous ressentions, cette aspiration au sublime, nous reste la vision passĂ©e de rapports qui semblent dĂ©sormais dĂ©nuĂ©s de toute beautĂ©, purement utilitaires, qui nous salissent par le ricochet que fait leur souvenir sur nous. Quand il n'existe plus cette intimitĂ© tendre, tout n'est plus que violence, et vide. Des images crues que plus aucun mot ne dissimule. VoilĂ  l'histoire de notre chute: nous espĂ©rions aimer, nous voici redevenus animaux, trahis par notre manque d'honnĂȘtetĂ©, notre refus de ne garder que l'Ă©cume des choses, et de prĂ©fĂ©rer durer mĂȘme en durant mal.
Tu n'aimais pas mes doutes, lorsque j'étais ainsi tu me reprochais mon cynisme, tu te mettais en colÚre. Maintenant je sais que c'était parce que tes certitudes te protégeaient du vide que tu craignais, de la peur d'observer un monde déstruct
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rĂ©, de la peur de t'affronter toi-mĂȘme. Tu tentais de donner une forme Ă  ta vie par des doctrines comme le ferait quelqu'un qui essaie de lui donner un sens en contrĂŽlant ce qu'il mange. Nous voici, tous deux effrayĂ©s par l'incertitude, moi alors apaisĂ©e face Ă  un monde que tu me prĂ©sentes avec autoritĂ© et assurance et auquel je me persuade de croire malgrĂ© l'aspect que je devine dĂ©jĂ  un peu trop binaire de cette reprĂ©sentation. Mais toi, tu arrĂȘtes de croire Ă  tes illusions, tu en meurs. Tu t'ĂŽtes ce tuteur, tu t'effondres. Je ne sais si tu as pris le temps d'examiner tout cela, ou si tu as encore une fois manquĂ© d'honnĂȘtetĂ© et que tu prĂ©fĂšres continuer Ă  croire comme si de rien n'Ă©tait, relire ton livre prĂ©fĂ©rĂ© et continuer Ă  penser que ta vie doit prendre une direction particuliĂšre, ne serait-ce que celle de s'amĂ©liorer. Ce serait une grande dĂ©ception, mais nullement un Ă©tonnement.
Le moment le plus terrible est celui oĂč on arrĂȘte d'aimer. Car cela nous protĂšge, de garder l'autre comme une Ă©toile dans le ciel quelque part, comme le seul gardien de nos confidences et de notre rĂ©alitĂ©, celui en dehors duquel on se refuse de vivre car on a l'impression de commettre ainsi une sorte d'outrage. Car Ă  ce moment, la tendresse et la pitiĂ© disparaissent, on ne s'en prĂ©occupe plus, les plus belles promesses et les plus beaux rĂȘves s'en vont comme des vagues, et nous rĂ©alisons que mĂȘme l'absolu est contingent, que mĂȘme la chose la plus belle peut devenir ridicule. Notre vision de cet amour passĂ© devient alors: miĂšvre, naĂŻf, idiot. MĂȘme lui ne peut plus se dĂ©fendre, il ne saurait ĂȘtre Ă©pargnĂ©. Ses promesses de rĂ©sister au temps n'ont pas empĂȘchĂ© sa dĂ©crĂ©pitude. Pas une destruction brĂšve, une comĂšte qui s'en va, le choc net et noble de quelqu'un qu'on a aimĂ© et qui meurt: non, la mort lente des souvenirs, les mots les plus beaux devenant des mots idiots, le visage aimĂ© devenant laid. Devenus crus, devenus dĂ©guelasses. C'est ainsi que tu l'as voulu, et crois-moi que je ne connais pas quelque chose d'aussi triste et minable que la fin de cette chose-lĂ , digne d'un Beckett riant face Ă  l'amour. J'ai voulu m'empĂȘcher d'arrĂȘter d'aimer, je ne voulais pas te haĂŻr, je ne voulais pas tomber dans ce piĂšge, j'aurais voulu garder ton souvenir intact et non pas trahi: tu ne l'as pas rendu possible. Et les deux ĂȘtres de rĂ©aliser qu'ils ne sont plus que des Ă©trangers: pas mĂȘme Ă©pouvantĂ©s en le rĂ©alisant, non. De se mettre Ă  haĂŻr l'autre, de dĂ©clarer qu'il n'a jamais compris qui nous Ă©tions, de ne pas mĂȘme comprendre pourquoi nous l'avons un jour aimĂ©. VoilĂ  la pire des ruines.

"Do you want the truth or do you want your sanity?"
 

Rapunzel

Grand(e) sage
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rien ne peut exprimer ce qu'UN regard peut faire ressentir.
Mais lĂ , 3.
3.

Tout a commencé quand je souriais.
En ce moment j'ai juste du mal Ă  rigoler.
Donc j'ai souri.
Et puis, je ne savais pas que tu Ă©tais lĂ .
J'ai regardé en face.
Et lĂ , toi.
Regardant...quelqu'un.
Quelqu'un. Mais tout le monde a deviné qui.
Nos regards s'etaient enfin recroisés.

Ensuite, quelques heures aprĂšs.
Je sais pas. Je regardais en arriĂšre.
Et puis, j'ai été tentée. Je ne sais pas qui a commencé . Je sais plus.
Je retiens juste que quand j'ai vu tes yeux fixer les miens, je n'arrivais plus Ă  partir.
L'infini.
L'infini.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti l'infini de cette façon-là.
Laisser l'infini arrĂȘter le temps.
Mais le problĂšme n'est pas que ce sont tes yeux qui me plaisent.
C'est toi...
J'avais l'impression de pouvoir lire dans les pensées de quelqu'un.
Lire en la personne.
Ne plus vouloir m'arrĂȘter.
L'infini est-il en fait exact Ă  2 secondes?
J'ai l'impression que j'ai passé toute ma vie dans ce regard.
5 mĂštres ne m'empĂȘchaient pas de tout voir.
De voir un autre monde en toi.
Et puis...je me suis remise normalement face aux personnes avec qui j'Ă©tais.
Parce que, j'ai juste pris du temps Ă  prendre conscience de te regarder.
Et, cela aurait paru Ă©trange que je te regarde tant de temps n'est-ce pas?

Et puis, j'ai fait exprĂšs de ralentir. J'ai pas fait exprĂšs comme les autres fois.

Je sais que j'suis qu'une pauvre conne.
Je sais tout ce que les gens pensent de moi.
Mais who cares?
J'prĂ©fĂšre ĂȘtre imbĂ©cile mais heureuse.
J'prĂ©fĂšre ĂȘtre moche.
J'ai moins de chances de me faire agresser lol.
Enfin bref.
C'est revenu grĂące Ă  toi.
Mon insouciance revient pour quelques heures.
Ça fait du bien quand mĂȘme.

J'espÚre que ça va faire comme l'année derniÚre.
Juste avec une autre personne.
Thx
 

Cosmos

Vagabond(e)
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10
Tout est normal. Apparemment. En apparence. Au nĂ©gatif de ces apparences qu'apparait-il sinon la tristesse et le vide des tous les gens qui se convainquent d'avoir et de faire des choses plaisantes et excitantes. Parfois, je pleure ces gens chez qui le nĂ©ant n'est qu'en fond latent, jusqu'Ă  ce que quelqu'un et puis tout les abandonnent. Les masques tombent jusqu'Ă  ce qu'ils retrouvent de quoi compenser Ă  nouveau. Parce que si ces gens sont tellement dĂ©sireux de combler leur vie, c'est qu'elle n'a en rĂ©alitĂ© rien Ă  fertiliser chez eux. Tout est morne et insipide. Tout a le mĂȘme goĂ»t, celle de la satisfaction Ă©gocentrique et machinique d'un corps, d'un esprit aliĂ©nĂ©. Pourquoi parler de ces illusions animales de nature humaine quand il y a des choses significatives ailleurs ?
Le constat selon lequel les gens seraient tous uniques, est plus individualiste et illusoire que tout autre qui puissent me venir Ă  l'esprit. Leurs chemins et vĂ©cus se ressemblent tous. Les Ă©vĂšnements et leurs fins sont les mĂȘmes dans toute vie. Ils se confondent en la maniĂšre de voir le monde et de ressentir les choses. Ils se contentent tous des mĂȘmes buts impersonnels. Ils vivent et ressentent les choses de la mĂȘme maniĂšre. De maniĂšre si fade, ç'en est Ă  vomir. Vois-tu les couples parler de leur relation si ce n'est au travers de quelques qualitĂ©s que l'on peut retrouver chez n'importe qui d'autre ? Non, ils n'en parlent jamais. Qu'est-ce qui fait la diffĂ©rence entre cet ĂȘtre et un autre ? Les deux savent te faire rigoler, sont attentionnĂ©.e.s, romantiques, calmes, honnĂȘtes et gentil.le.s, les deux savent positionner leur bras autour de ton torse et placer leurs lĂšvres sur les tiennes. Qu'y a-t-il de plus fade que de trouver comme seules explications d'une relation la description de faits sans Ă©motion ? Dans ce cas lĂ , nous pouvons comprendre pourquoi il est si facile de se mettre avec des personnes dĂšs que nous leur trouvons quelques qualitĂ©s que nous valorisons. Pourquoi parler de relation entre toi et cette autre personne, de littĂ©ralement ce qui Ă©mane de la rencontre de vous deux quand les seules choses qui vous procurent de la joie sont celles que l'on peut retrouver si souvent partout ? La seule chose que t'apporterait la relation est de la joie ? Un sentiment de sĂ©curitĂ© et d'invincibilitĂ© ? Je suis sĂ»re que cela paraĂźt suffisant pour la plupart. C'est ça qui me rend triste. Mais qu'est-ce qui Ă©mane de ta relation ? Qu'est-ce qui Ă©mane de ta relation qui dĂ©passe toutes les expĂ©riences subjectives d'une Ă©poque donnĂ©e ? Qui vient d'une dimension intemporelle et Ă©ternelle au-delĂ  de toute description rĂ©pĂ©titive et si commune que l'on peut faire de ses sentiments, ses pensĂ©es, ses dĂ©sirs, ses agissements et de la nature elle-mĂȘme ? Qu'as-tu appris qui ne soit d'aucune Ă©poque, aucun territoire, en dehors et sans aucun rapport avec tous les discours et textes creux sur l'amour ? Qu'as-tu appris qui te fasse voir le monde de maniĂšre si claire, si cohĂ©rente et unifiĂ©e, si chaude et passionnĂ©e, radicalement, sans jamais de retour en arriĂšre, qu'avec des sauts qualitatifs ? Quand as-tu vĂ©cu la chaleur de toute la Nature en toi, de toute l'Histoire dans ton ĂȘtre,... Quand, dis-le moi.
 

Rourwé

Vagabond(e)
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[...]
Puis j’ai acceptĂ© les faits, que d’autres jugeaient encore inhumains. Tu m’as apportĂ©, tout ce qu’il me manquait en ces instants, une personne sur qui je pouvais me raccrocher, et mĂȘme si tu ne t’en rends pas compte Ă  ton Ă©chelle, mais tu as fait beaucoup pour moi. Mon entourage voit un jeune homme horrible et sans moral, critiquant et jugeant, je vois seulement un garçon maladroit. Tu me plais tellement que j’en fais des efforts, j’ai essayĂ© de vaincre ma timiditĂ©, je te remercie pour ta patience envers moi, tu es une source de motivation, malgrĂ© la complexitĂ© de mes sentiments, et sa noirceur nocturne, j’arriverais Ă  en tirer bonne grĂące. On s’est rapprochĂ©, on s'est souri, on a ri.
J’aime cette situation, j’aime ce que je ressens en ces moments-ci, je t’aime si niaisement.
[...]
 
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Rapunzel

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je vais arriver Ă  retrouver ce que j'ai perdu.
j'me suis ennuyée.
Mais putain d'ennuyée.
Mais juste parce que t'Ă©tais lĂ , j'me suis sentie bien.
Je voyais que je n'Ă©tais pas lĂ  seule.
Et puis, si avoir le coeur brisé ça peut me rendre heureuse bah...let's go hein.
M'en fous j'vais m'barrer.
J'pensais que ça allait ĂȘtre bon mais non.
Écrire ça me fait tellement penser au nĂ©gatif.
Plus j'Ă©cris, plus je me dis que je suis conne.
Hmmm...au final ça me fait peut-ĂȘtre plus de mal d'Ă©crire que de tout garder.
J'te jure si j't'avais vu avec quelqu'un, j'aurais tellement eu le coeur brisé.
J'pensais vraiment que quelqu'un t'accompagnait.
J'aurais eu le coeur brisé par jalousie...
Mais! Je sais pas! Il y a un an j'étais pas comme ça!!
Genre j'm'en foutais complĂštement.
Mais, j'pense que l'année derniÚre j'me suis tellement retenue que maintenant, quoiqu'il arrive, il y a de la jalousie.
Mais, chaque jour ça augmente.
Mais WAAAW
J'veux tellement retrouver ma positivité d'avant.
J'aimerais tellement revivre comme il y a un an.
Genre, rentrer avec un sourire aux lĂšvres.
Et puis, maintenant j'suis toute seule!
Trop cool!
Enfin, pas cool dans toutes les situations.
Oh que je suis conne.
J'en peux plus de ma tronche.
J'aimerais tellement qu'on ne me qualifie pas de moche.
Mais merde alors!
Nan mais en plus, j't'ai aperçu avancer vite.
Genre pas comme d'hab.
Mais bref en fait. On s'en fout.
Ça m'a un peu saoulĂ© quand mĂȘme.
Mais, si ça tombe, le jour oĂč j'lui avais reparlĂ©, c'Ă©tait il y a un an pile.
Ah mais merde. J't'ai pas reparlé en fait. Bah en tout cas genre y avait que toi qui comptait et je te sentais enfin.
Je sais pas trop quoi faire.
Je t'associer peut-ĂȘtre Ă  cette belle personne au fond?
Nan.
Mais r'garde toi.
Beauté.
J'te promets, quand on m'a demandé la plus belle personne, j'ai DIRECT pensé à toi.
Mais, j'le cache.
C'est bon, d'toute façon c'est pas intéressant.
Mais woooow la seule photo que j'aie vue de toi, genre, c'Ă©tait la plus belle.
J'suis mĂȘme jalouse de cette beautĂ©.
Mais rhoooooo.
Putain je m'enflamme tellement.
En plus, tu l'as pas prise???
Nan mais si tu veux j'paye 50€ pour l'acheter je m'en balec.
MA GNI FAÏQUE.
Mais j'ai jamais entendu ta voix.
T'es muet?
Nan mais, j'te jure je kiffe ta solitude en plus.
Genre, moi j'suis une grosse degueulasse.
Mais, en mĂȘme temps, c'est sur que quand tu seras en couple avec qqn, ce sera qqn de plus moche.
Supérieur à toi? IMPOSSIBLE.
Mais, j'reste quand mĂȘme dĂ©gueulasse.
J'te jure si t'es gay je change de sexe direct.
J'm'en vais faire de la chirurgie en Tunisie ou je sais pas oĂč, mais m'en fous.
 

ActivitĂ© rĂ©cente đŸŒ±

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