Quoi de neuf ?

🔏 Au plumard DroguĂ©e d'un jour, d'une heure, de toi, de toujours et pour toujours

Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Il y a des moments dans notre vie oĂč on arrive Ă  un tournant. Un tournant dĂ©cisif, un moment oĂč il faut choisir, un moment oĂč, selon notre choix, la vie prendra tel ou tel chemin.
Ces croisĂ©es du chemin peuvent prendre des formes trĂšs diverses et trĂšs diffĂ©rentes, trĂšs variĂ©es, mais une chose est sure : on ne les reconnaĂźt jamais qu'aprĂšs coup, et souvent mĂȘme jamais.

Voici le lien vers mon ancienne discussion (malheureusement fermĂ©e Ă  la crĂ©ation d'Adoasis), oĂč vous pourrez trouver tous mes textes dĂ©jĂ  postĂ©s :
Veuillez cliquer sur Connexion or S'inscrire pour voir le contenu.


Je prĂ©cise que tous les textes qui vont suivre ont Ă©tĂ© Ă©cris sous le coup de la colĂšre, de l'amour, de la haine, du dĂ©sespoir, de l'espir
. bref, de l'Ă©motion. Aucun n'a Ă©tĂ© et aucun ne sera jamais prĂ©mĂ©ditĂ©. Dans ces moments lĂ , les mots me viennent naturellement et Ă©crire est la meilleure façon pour moi de me calmer, d'extĂ©rioriser.
 
DerniĂšre Ă©dition:

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
On se morfond sur notre sort. On pleure sur notre douleur. Ou plutĂŽt, je suis assez Ă©goĂŻste pour pleurer comme ça alors que tellement de gens autour de moi souffrent! J'aimerais Ă©crire des beaux textes, arrĂȘter de rĂ©pĂ©ter en boucle toujours la mĂȘme chose, aider des gens avec mes actions ou mes mots
 mais je suis pas douĂ©e, et je ne pourrai rien y changer, c'est comme ça. Il y a des gens qui savent toucher les coeurs, qui savent soulever les masses, qui savent utiliser ce qu'ils ont en leur possession, arrĂȘter de s'apesentir sur le prĂ©sent et avancer pour construire le futur. Je n'en fais pas partie. Pourtant, j'aimerais que mes livres soient publiĂ©s, j'aimerais sortir de ce trou noir, j'aimerais ne plus faire partie des gens malheureux, et pouvoir enfin me concentrer sur autre chose que moi-mĂȘme. Cessez d'ĂȘtre Ă©goĂŻste. cessez de ne penser qu'Ă  moi, moi, moi.
Je n'ai pas retenu la leçon ?
Parce que franchement, n'importe qui arrĂȘterait aprĂšs ça. Ma paresse a conduit deux personnes extraordinaires Ă ... la mort, et sĂ»rement encore bien plus encore, et moi, je n'arrĂȘte pas. Je sais que bientĂŽt une autre catastrophe va encore se produire, mais je ne peux pas m'empĂȘcher, comme si c'Ă©tait inscrit dans mes gĂšnes que je dois ĂȘtre ce monstre. Je me dĂ©goĂ»te moi-mĂȘme, je dĂ©goĂ»te les autres, et pourtant, c'est en eux que je puise la force de rester en vie. Je suis droguĂ©e des autres, mais personne n'est droguĂ© de moi. J'aimerais dire que je m'en tape, que c'est pas grave, mais c'est pas vrai, parce que je suis droguĂ©e, et que les droguĂ©s ne peuvent pas se passer de leur drogue. Pourtant, est-ce qu'on peut vraiment me mettre dans la catĂ©gorie des droguĂ©s, puisque ma drogue se constitue de mes seuls rĂȘves imaginaires et stupides, puĂ©rils et Ă©goĂŻstes ? Je veux arrĂȘter de penser Ă  moi. Je veux souffrir, endurer, je veux hurler plus que je hurler dĂ©jà
 si seulement ça pouvait permettre de me changer en quelqu'un de meilleur, je subirais avec joie...
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Amour

DÚs que je réussis à me calmer suffisamment et que je me décolle enfin de Tilly, Show m'aboie furieusement dessus. Le soulagement passé, c'est la colÚre qui l'anime à présent.
Comment as-tu pu faire ça ? C'était insensé, ridicule, et c'est surtout un miracle que tu aies survécu! J'ai cru que...
Je tombe Ă  genoux devant lui et je fixe ses yeux verts, de la mĂȘme couleur que les miens. Je vois dans son regard toute son anxiĂ©tĂ© pour moi, tout ce qu'il a traversĂ© ses derniĂšres semaines. Je comprends enfin Ă  quel point ça a du ĂȘtre dur de me voir m'Ă©loigner petit Ă  petit de lui. Je rĂ©alise Ă  quel point le fossĂ© qui s'est creusĂ© entre nous est grand et j'ai envie de pleurer. Showalex. Mon Dux. Celui qui m'a fourrĂ©e dans cette situation inextricable, mais surtout celui qui m'a ouvert les yeux sur ce que je suis vraiment, celui qui m'a toujours soutenue quand tout le monde m'abandonnait, celui qui m'est restĂ© fidĂšle depuis le premier jour et qui a placĂ© en moi une confiance sans bornes presque ridicule. Comment ai-je pu lui infliger tout ça ? Comment ai-je pu le nĂ©gliger, l'oublier Ă  ce point, alors qu'il a toujours Ă©tĂ© lĂ  pour moi ? Je croyais que tout Ă©tait restĂ© comme avant entre nous, mais au contraire, tout a changĂ©. Rien n'est plus pareil. Je ne m'Ă©tais mĂȘme pas rendu compte Ă  quel point notre Nexus avait faibli. Nos contacts Ă©taient devenus purement... tactiques. Nous ne jouons plus, nous ne partageons plus tous ces moments qui faisaient ce que nous Ă©tions... une seule et mĂȘme personne. Nous ne parlons plus que stratĂ©gie, survie, mort et destruction. L'apaisement qu'il m'apportait a presque disparu par la mĂȘme occasion, tellement que j'en suis venue Ă  chercher le rĂ©confort prĂšs de Tilly plutĂŽt que prĂšs de lui ces derniers temps. J'ai vraiment Ă©tĂ© immonde, horrible, Ă©goĂŻste, avec lui.
Je te demande pardon, Show. Pour tout, pour tout ce qui s'est passé, murmuré-je.
Je sais depuis quand la situation a commencĂ© Ă  changer. Depuis le Pacte. Bien sĂ»r, le processus s'est renforcĂ© avec la... mort de Michael et le dĂ©part de Melody, mais le mal avait dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  pousser dans mon coeur dĂšs ce moment fatidique. En mĂȘme temps, je ne regrette rien. Je prĂ©fĂšre vivre ça cent fois plutĂŽt que de laisser mon Showalex en proie aux tĂ©nĂšbres de la Voix. Je me souviens clairement de son regard fou ce jour-lĂ , de la maniĂšre dont il m'a attaquĂ©e... J'Ă©tais horrifiĂ©e, je ne comprenais pas. Maintenant je sais que c'Ă©tait juste un stratagĂšme de la Voix. Black ne pouvait pas envahir mon corps sans mon propre accord. Je suis trop forte pour ça. Alors elle a fait en sorte que l'accueille de mon plein grĂšs. Mais alors... qui Ă©tait la prĂ©sence scintillante et bienveillante qui m'a proposĂ© l'Ă©change ? C'est impossible que ça soit elle, mais en mĂȘme temps, aucune EntitĂ© SupĂ©rieure n'aurait acceptĂ© de l'aider. Red ? Mais jamais elle n'aurait abondĂ© dans le sens de son ennemie! Et pourtant...
Ce n'est rien, répond-t-il.
Mais si, au contraire, j'insiste. Pardon.
Alors je livre à lui comme jamais depuis tant de temps. Je suis tellement soulagée de pouvoir enfin me confier. Mes épaules sont comment libérées du poids qui pÚse sur elles. Je lui laisse voir tout ce que je lui ai dissimulé depuis tout ce temps. Toutes mes peurs, mes hésitations, mes choix, mes angoisses, mon amour pour lui, pour Melody et Tilly, mon amour pour Michael, mes remords, ma culpabilité... Je lui laisse voir les cauchemars qui me hantent chaque nuit, je lui laisse voir mes hallucinations, je lui laisse voir mon coeur, dévoilé et vulnérable. Mais je ne me sens pas vulnérable. Je ne me suis jamais sentie vulnérable avec lui parce que je sais qu'il mourrait plutÎt que de se servir de ma confiance contre moi. Il m'aime, je l'aime, et nous lutterons toujours l'un pour l'autre jusqu'à la fin de notre vie. Je n'anbandonnerai pas, et lui non plus. Ce qui nous lie est bien plus puissant encore que le Nexus. C'est quelque chose d'indescriptible, quelque chose que rien ne pourra jamais briser.
Je me sens apaisĂ©e. Ma vie est un mĂ©li-mĂ©lo de dĂ©sastres, de questions et de rĂ©ponses partielles qui apportent encore plus de questions. Mais pour la premiĂšre fois, je me dis que ça n'a pas d'importance. J'ai Ă©tĂ© conçue pour... pour quoi, au juste ? Je ne le sais pas, mais ça ne m'apporte plus aucune frustration, en tous cas pas en ce moment. Peut-ĂȘtre mĂȘme que ma rencontre avec Show est le fruit d'une manipulation, mais ce qui compte, ce n'est pas ça. Ce qui compte, c'est ce que nous avons fondĂ© ensemble depuis, et ça, c'est uniquement entre lui et moi. Et ça, personne ne pourra jamais nous l'enlever ou prĂ©tendre que ce n'est pas de notre fait. Toute ma vie, j'ai Ă©tĂ© manipulĂ©e, oui. Peut-ĂȘtre mĂȘme avant ma naissance dĂ©jĂ . Et je continue. Des forces sont Ă  l'oeuvre autour de moi sans cesse pour diriger mon destin dans un sens ou dans un autre, pour me faire prendre telle ou telle dĂ©cision. Des obstacles se dressent en travers de mon chemin Ă  tout moment, cherchant Ă  me faire faiblir et Ă  me sĂ©parer de ceux que j'aime. Mais ça ne marche pas, parce que ma famille est tout pour moi, et que je me battrai pour elle encore et encore, pour le reste de mon existence s'il le faut.
Ce n'est pas entiĂšrement ta faute, tente de me rassurer Show aprĂšs un moment de silence.
Je souris. Il a toujours été comme ça, à vouloir me décharger de mes responsabilités. Tellement gentil, prévenant, empathique...
Oh si, c'est de ma faute. Mais je vais réparer tout ça. Il n'y a aucune garantie que ce sera facile, mais ensemble, je sais que nous pouvons tout accomplir.
Je serre mon Protecteur de plus belle dans mes bras, plus que jamais consciente du rĂŽle qu'il joue dans ma vie.

Silencieuse et respectueuse, Tilly est restée à l'écart tout le temps qu'a duré nos retrouvailles. Lorsque je me relÚve enfin, je suis comme revigorée et j'en devine immédiatement la raison : ma connexion avec Show rétablie, j'ai retrouvé toutes mes forces. Je me rends compte seulement maintenant de à quel point j'étais vide et incomplÚte sans lui.
- Tilly... commencé-je, mais elle m'interrompt.
- Je sais. Mais tu ne crois pas que Killian soit un peu plus important en ce moment ?
Je hausse les Ă©paules.
- Absolument pas. Il s'enfuira de toute maniĂšre. Il a trop d'avance et il connaĂźt sa propre citĂ©, son propre peuple, ses propres dĂ©fenses, etc... Par contre, d'autres choses ne peuvent pas attendre. Ou plutĂŽt, elles attendent depuis suffisament longtemps pour qu'on prenne le temps de leur prĂȘter attention, dĂšs maintenant.
Son visage se fait hĂ©sitant. Je la comprends, mĂȘme si je ne partage plus cette hĂ©sitation.
- C'est ce que fais la Voix, continué-je. Elle nous divise, elle nous vole notre temps. Elle nous enlÚve ce qui fait de nous ce que nous sommes.
Au fur et à mesure que les paroles sortent de ma bouche, mon corps s'échauffe et mon esprit se rebelle contre cette présence qui le torture depuis si longtemps, trop longtemps.
J'ai l'impression de rayonner de l'intérieur, comme lors de ma chute. Mais cette fois, ce n'est pas mon pouvoir qui rayonne, c'est... mon amour.
- Il y a trop de choses que je lui ai dĂ©jĂ  accordĂ©es pour que je puisse continuer ainsi. Je lutte depuis tellement de temps en croyant bien faire, en croyant sauver ceux que j'aime, sans me rendre compte qu'en fait, c'est ce qu'elle veut. Elle veut que je concentre toutes mes forces dans notre bataille au point d'oublier tout ceux que j'aime, tout ce que je devrais faire au lieu de penser Ă  elle. Elle mobilise toutes mes pensĂ©es, elle m'obsĂšde jours et nuits au point de me donner des hallucinations et des cauchemars. Elle utilise mes faiblesses, que je lui sers sur un plateau Ă  force de ressasser tout ce qu'elle m'a fait, tout ce qu'elle a transformĂ© en moi. Et j'Ă©tais tellement obnibulĂ©e que je ne me suis mĂȘme pas aperçue de ce qu'elle fait.
Tout a changĂ©. Maintenant, Show ne m'approuve plus seulement. Il me donne sa force au fur et Ă  mesure que je parle et il s'exprime Ă  travers moi, en mĂȘme temps que moi, parce que nous pensons la mĂȘme chose.
- Jusque lĂ , je ne faisais que survivre. Mais il est temps de vivre.
Une partie de moi remarque que Tilly est dĂ©stabilisĂ©e, et cette partie tordue de moi rĂ©flĂ©chit dĂ©jĂ  Ă  la maniĂšre dont je pourrais exploiter cette faiblesse. Ca, c'est la partie de moi que la Voix a crĂ©Ă©e, influencĂ©e, modelĂ©e depuis qu'elle est apparue. Mais maintenant, elle est rĂ©duite Ă  l'impuissance et elle ne peut qu'assister, impuissante, comme j'ai assistĂ©, impuissante, Ă  la mort de Michael. Oui, la mort de Michael. Je n'ai plus peur de le dire, de le penser. J'ai refusĂ© la rĂ©alitĂ© trop longtemps, tout ça doit changer. Elle l'a tuĂ©, pas moi. Je n'ai peut-ĂȘtre pas fait tout ce que je pouvais, mais je vais le faire Ă  l'avenir. En commencant par ne plus rejeter la rĂ©alitĂ© telle qu'elle est. Michael est mort. Et rien ne changera jamais ça.
- Je peux changer l'avenir. Je peux changer ce qui nous attend, T. Je suis née pour ça. Je ne suis pas née pour combattre la Voix, pour orienter mes pouvoirs dans la bonne direction ou pour sauver le monde. Je suis simplement née avec le pouvoir de changer les choses, et je compte bien l'utiliser. J'ai de la chance de posséder cette faculté de décider de mon destin. Beaucoup de gens aimeraient pouvoir, eux aussi, modifier le cours du futur, non pas parce qu'ils sont spéciaux, mais tout simplement parce qu'ils l'ont décidé et qu'ils vont se battre pour. Et d'ailleurs, tout le monde peut le faire. Simplement, tout le monde se croit trop faible, trop impuissant. Mais c'est justement parce que cette pensée est ancrée en nous que nous n'avançons pas, que nous ne faisons pas tout ce que nous pouvons pour nos idéaux. C'est terminé. Je ne fais plus partie de ces gens-là. Je fais partie de ceux qui avancent. Ceux qui croient.
Ce baiser, je l'avais attendu dĂ©sespĂ©rĂ©ment sans mĂȘme m'en rendre compte. J'avais mĂȘme luttĂ© le plus possible pour qu'il n'arrive jamais. Mais maintenant, je l'accueille avec soulagement. Il est diffĂ©rent du premier. DiffĂ©rent parce que le premier que nous avons Ă©changĂ© Ă©tait empreint de notre doute, de notre hĂ©sitation, de notre peur, de mon deuil. Empreint de tellement de choses qui ont empĂȘchĂ© notre amour de s'Ă©panouir. Jusqu'Ă  aujourd'hui.
Aujourd'hui, nos lĂšvres se joignent avec espoir, bonheur, avec la sensation d'avoir fait le bon choix. Parce que nous avons enfin osĂ© nous dĂ©voiler, laisser tomber les murs qui nous protĂ©geaient. Comme avec Show, j'ai enfin acceptĂ© que peut-ĂȘtre, le meilleur choix Ă©tait la confiance. Comme avec Show, j'ai enfin acceptĂ© de prendre le risque, de me lancer dans le vide, vers l'inconnu. L'inconnu, cet inconnu qui m'a toujours tant terrifiĂ© parce que je ne pouvais pas le contrĂŽler, et que je dĂ©teste que les choses Ă©chappent Ă  mon contrĂŽle.
Et je prononce enfin les mots interdits. Les mots que je n'ai jamais prononcĂ©. Ou peut-ĂȘtre que si, je les ai dits, mais tous cas, jamais avec autant de force, d'assurance. Jamais avec autant de vĂ©ritĂ©.
- Je t'aime.
Mon coeur explose et une énergie pure, brillante, s'empare de moi pour ensuite se répandre autour de nous, autour de nos corps serrés, unis pour l'éternité.
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Guerre

Sang. Larmes. Cris. Douleur. Elle s'avance pĂ©niblement sur le champ de bataille en contemplant les blessĂ©s. Il n'y a rien, aucune expĂ©rience, aucune habitude, qui vous empĂȘche de vomir et de hurler en voyant ça. A chaque fois, le spectacle est pire. Il n'y a que la plus grande insensibilitĂ© qui peut vous permettre de traverser un tel enfer sans trembler de tout son corps.
Odeurs. MĂ©tal brisĂ©, rĂȘves Ă©corchĂ©s, familles dĂ©chirĂ©es. Il y a les morts aussi bien sĂ»r, pas seulement ceux qui vont survivre, bien qu'handicapĂ©s, pas seulement ceux qui, par miracle, ne garderont aucune sĂ©quelle de cette bataille Ă  part leurs souvenirs qui les hanteront Ă  jamais. Les morts sont assurĂ©ment les plus chanceux. Ils ont disparus, comme ça, sans que personne ne s'en aperçoive particuliĂšrement dans la folie de la guerre, des armes qui s'entrechoquent et du sang qui jaillit. Ils sont tombĂ©s, les uns aprĂšs les autres, pour permettre Ă  leurs compagnons de remporter cette bataille... ou de la perdre. Ils seront pleurĂ©s, ils seront honorĂ©s, ils seront Ă  l'origine de grandes souffrances pour leurs proches, pour ceux qui remarqueront leur disparition... mais rien, rien, ne pourra remplacer les conditions dans lesquelles ils ont Ă©tĂ© tuĂ©s. Rien ne pourra remplacer, rien ne pourra effacer le fait que c'est dans le chaos et la destruction qu'ils ont trouvĂ© la fin. Rien, Ă  part peut-ĂȘtre, une paix partagĂ©e que leur sacrifice aura permis de construire, lentement mais sĂ»rement. Et encore, peut-on vraiment affirmer que la guerre est une bonne chose si elle permet d'arriver Ă  une paix stable ? Elle ne le pense pas, en fin de compte, pas vraiment. Elle, elle aurait prĂ©fĂ©rĂ© ne jamais devenir infirmiĂšre en cette pĂ©riode de guerre. Elle, elle aurait prĂ©fĂ©rĂ© faire partie de ceux qui ne se relĂšveront jamais plutĂŽt que de devoir panser les blessures des survivants. Elle, elle aurait prĂ©fĂ©rĂ© ne pas avoir les mains recouvertes de sang Ă  la fin de chaque journĂ©e. Elle, elle aurait prĂ©fĂ©rĂ© ne pas avoir Ă  les frotter en pleurant, hurlant, criant, Ă  la fin de chaque journĂ©e, dans le vain espoir d'effacer toutes ces traces qui souillent son corps et sa conscience. Mais bien sĂ»r, personne ne lui a demandĂ© son avis. C'est ça le propre de la guerre : elle prend, elle prend, elle prend, sans jamais demander et sans jamais rien donner en Ă©change. La guerre ne suit aucune rĂšgle, malgrĂ© ce qu'on essaye de nous faire croire. Et aucune guerre n'est sans cicatrices.
Destruction, fumĂ©e, mort, amours perdus, larmes incontenues. Que faudrait-il f aire pour que l'horreur s'arrĂȘte ? Et en mĂȘme temps, qu'est-ce que tous ces humains qui souffrent par rapport Ă  l'Univers ? En mĂȘme temps, quelle importance avons-nous, quand on sait que notre prĂ©sence dans le systĂšme solaire, dans la galaxie, dans cette myriade d'Ă©toiles... n'est rien ? En mĂȘme temps, pourquoi faudrait-il se soucier de l'humanitĂ© quand le monde est si vaste, si brillant, si... vivant, ailleurs et partout ? Nous ne sommes mĂȘme pas un grain de poussiĂšre, c'est Ă  peine si nous existons, aux yeux de l'Univers.
Elle non plus ne la connaĂźt pas, cette importance. Elle est Perdue au milieu de cet ocĂ©an de tĂ©nĂšbres, et pourtant, elle continue de vivre, son coeur continue de battre, une force invisible de la tirer vers l'avant. Quelle partie d'elle-mĂȘme va-t-elle encore devoir laisser derriĂšre avant, d'enfin, arriver Ă  s'extirper du tunnel ?
Son visage crĂšve la surface de l'eau et elle prend une grande inspiration. Mais mĂȘme cinquante ans aprĂšs, elle ne se sentira toujours pas propre.
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
L'Ă©cologiste

Allons rejetons de Macron,
Le jour d'la chute est arrivé!
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard polluant élevé
L'étendard polluant élevé.
Entendez vous, dans nos métropoles,
Mugir ces féroces avions,
Qui viennent, jusque dans nos campagnes,
Souillez nos fruits et nos légumes!
Aux armes, Ă©cologistes!
Formez les Gilets Jaunes
Allons, avant, que les derniers paradis,
Ne partent en fumée (tan-tan, Tan-Tan)
Ne partent en fumée (tan-tan, Tan-Tan)

Sur l'air de la Marseillaise, avec paroles inventées par tears_of_death
AUX ARMES, ECOLOGISTES


Je prĂ©cise, on ne se moque pas OK, c'est un truc qui m'est passĂ© par la tĂȘte hier, du coup je l'ai Ă©crit et ça me faisait marrer, alors j'ai dĂ©cidĂ© de le poster ici^^ Mais en mĂȘme temps, je pense chacun des mots de cette chanson
;)
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
A quoi ça sert de survivre si on ne le mérite pas ?
J'ai trop de sang sur les mains, à chaque fois que je les regarde, ça me donne envie de vomir. J'aimerais me les laver, me les frotter, jusqu'à ce que les tùches disparaissent, mais ces tùches là sont invisibles, alors comment les faire partir ?
J'aimerais qu'on brĂ»le mon corps et qu'on m'oublie, comme ça peut-ĂȘtre, on oubliera mes crimes avec moi. Et en mĂȘme temps, je sais que mĂȘme ma mort n'a pas ce pouvoir lĂ .
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
FantĂŽmes, cauchemars et moqueries

Je parle Ă  des fantĂŽmes et je rĂ©siste au sommeil tellement j'ai peur des cauchemars. Je n'en peux plus de hurler dans mes rĂȘves en croyant que c'est rĂ©el alors que ça ne l'est pas. Alors j'Ă©cris, je lis, ou simplement j'attends, jusqu'Ă  des heures tout bonnement indĂ©centes. Personne ne viendra Ă  mon secours pour me rĂ©veiller. Si je m'endors, c'est mes propres cris qui me rĂ©veilleront en plein milieu de la nuit. Je suis crevĂ©e tous les matins, je suis crevĂ©e toute la journĂ©e, mais le soir suivant c'est le mĂȘme manĂšge : je m'occupe jusqu'Ă  ce que mes mains tremblent d'Ă©puisement et que ma tĂȘte tourne tellement je suis fatiguĂ©e. Ouais, c'est Ă©trange n'est-ce pas ? Quand je suis fatiguĂ©e, j'ai envie de vomir et j'ai la tĂȘte qui va exploser. Comme si j'Ă©tais malade.
Je le suis peut-ĂȘtre ?
Ne me regardez pas comme ça.
ArrĂȘtez de me dĂ©visager. Je n'en peux plus qu'on me dĂ©visage. Je ne comprends jamais ce que je fais de mal. Pourquoi tout le monde me regarde-t-il passer, les adultes avec un air choquĂ© et les enfants en se foutant de ma gueule ? Il est temps que ça change, je n'en peux plus de leurs railleries. Ca fait mal au fond, mĂȘme si j'essaye de me convaincre du contraire. Ils se chuchotent Ă  l'oreille des conneries sur moi en me fixant de leurs yeux parfaits, et je ne comprends pas qu'elle merde j'ai encore pu faire juste devant leur nez pour qu'ils soient comme ça avec moi. C'est pour ça que je prĂ©fĂšre rester isolĂ©e, mais bon, en mĂȘme temps, dans le monde actuel, on est obligĂ© de sortir au moins une fois de temps en temps. Et quand ça arrive.... eh bien il faut bien le supporter du mieux qu'on peut, serrer les dents et filer comme une flĂšche en espĂ©rant qu'on ne remarquera pas qu'ils se moquent de nous. Mais ça marche pas comme ça, et ça n'empĂȘche pas de les entendre. J'ai tellement peur. J'ai pas peur de ce qu'ils pensent de moi. J'ai peur que ça se passe comme ça toute ma vie, que oĂč que j'aille, ils soient encore et toujours sur mon chemin. En fait, j'aimerais juste comprendre. Comprendre ce qui est Ă  ce point diffĂ©rent chez moi pour qu'ils aient une rĂ©action si excessive.
J'Ă©vite les autres comme la peste, peut-ĂȘtre parce qu'ils sont la peste pour moi. Mais des fois, je craque, je ne me retiens plus, tout simplement parce que je n'y arrive pas. Des fois, j'ai tellement envie de pleurer que me mordre les joues jusqu'au sang ne suffit. Des fois, il faut que je passe ma colĂšre efficacement et immĂ©diatement. Et ces fois lĂ , je n'ai alors d'autre cible que la cause de tout ça. Alors ces fois lĂ , je me lĂšve, j'oublie ma peur et je commence Ă  parler. Je leur crache au visage toute ma haine et je reprends chacune de leurs insultes pour les retourner contre eux. Et encore... je me retiens, parce que sinon, je ne serais pas aussi polie.
Si je ne me retenais pas, j'aurais traitĂ© ces connards de fils de pute en pleine mĂ©diathĂšque, ceux-lĂ  mĂȘme qui se fichaient ouvertement de ma gueule Ă  deux mĂštres derriĂšre moi, en parlant fort et en croyant que je n'entendais pas parce que j'avais des Ă©couteurs dans les oreilles.
Si je ne me retenais pas, je serais allée directement vers ce groupe de filles snobinardes, au lieu de me planquer dans un coin de la piscine, pour aller détailler leur comportement en public, puis je serais repartie en ignorant les regards outrés et les commentaires parce que la colÚre, la haine et la violence de mes paroles m'auraient donné des ailes.
Si je m'Ă©coutais, je serais allĂ©e tous les buter, je serais allĂ©e dĂ©verser sur tous ceux-lĂ  ma colĂšre, ma violence, cette violence qui bouillonne en moi depuis tant d'annĂ©es. Oui, je sais, je suis violente. Oui, je sais, je suis malade, je suis pas bien dans ma tĂȘte et je suis tellement dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e que je dois me retenir de cogner les personnes qui m'Ă©nervent. Mais on me laisse pas le choix. J'ai pas le choix parce qu'Ă  force de retenir tout ce que je pense, Ă  force de retenir tout ce que je vis Ă  l'intĂ©rieur de moi, de ne rien en dire Ă  personne, eh bien Ă  force, j'explose. J'ai besoin d'exploser. Personne ne peut supporter une telle pression sans exploser. Alors oui, merde, Ă  l'instant mĂȘme oĂč j'Ă©cris ce texte, je pleure, j'ai horriblement chaud tellement j'ai envie de balancer mon poingt dans l'ordinateur et je me balance d'avant en arriĂšre comme ces gens qu'on voit dans les asiles. Oui, en ce moment mĂȘme, j'ai mal et je pense Ă  ce qui va encore m'arriver demain : toujours la mĂȘme chose. Les moqueries, les regards.
Le jugement.
Si seulement j'avais le pouvoir de pulvĂ©riser ce monde, de le plonger dans le chaos, peut-ĂȘtre que ça me soulagerait enfin. Peut-ĂȘtre que ce niveau extrĂȘme de violence finirait enfin par me calmer pour un temps. Ouais, vous vous dites en ce moment que j'exagĂšre. Croyez ce que vous voulez, je vous dit ce que je pense, ce que je suis : quelqu'un de fonciĂšrement mauvais, qui a besoin d'extĂ©rioriser sa colĂšre grandissante dans la destruction.

Inspire, expire, inspire, expire, inspire, expire. Fais ce qu'elle t'a dit, pense à des choses positives, atténue le tremblement de tes mains, occupe-toi l'esprit. Inspire, expire. Ne casse rien, ne réduit pas à néant tous les efforts que tu as faits. Il est trop tard pour faire marche arriÚre. Tu as fait ton choix, le choix de les protéger de ta souffrance à tout prix.
Ils ont fait leur choix, le choix de ne rien voir, mĂȘme quand mes efforts sont imparfaits et que la situation devient Ă©vidente.
Inspire...
...expire.
Inspire...
...expire.
Inspire...
...expi...
insp...
...exp...
i...
...e...
...
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
You and me

Fut un temps oĂč il n'y avait que toi et moi, ensemble dans un monde libre et parfait.
Et puis, il n'y a plus eu que moi, seule et prisonniĂšre dans un enfer parfait.
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
J'ai pris une décision difficile aujourd'hui.
Mais ça, c'est parce que j'ai arrĂȘtĂ© de penser Ă  moi d'abord et qu'enfin, j'ai pensĂ© aux autres d'abord. Je veux pas tu souffres encore plus que tu ne souffres dĂ©jĂ . A chaque fois que je lis tes messages, un nouveau couteau acĂ©rĂ© me lacĂšre le cƓur, et plus je lis, plus je me dĂ©chire alors que je croyais Ă  chaque fois que c'Ă©tait impossible de faire pire. Je veux que tu sois heureuse, mais je dĂ©sespĂšre parce que je n'arrive pas Ă  changer ta situation.
Beaucoup diraient que ce que je viens de t'Ă©crire est fou, complĂštement tarĂ©, complĂštement ridicule. Peut-ĂȘtre mĂȘme qu'on m'internerait dans un asile pour ça, parce que ça prouve une fois de plus mon dĂ©sĂ©quilibre mental. Mais c'est parce qu'ils ne l'ont pas vĂ©cu eux-mĂȘmes. A quoi bon ĂȘtre diplĂŽmĂ© psychologue si vous ne comprenez pas vos patients ? Votre job, c'est de faire en sorte qu'on se sente mieux, qu'on oublie toute notre souffrance et nos cicatrices
 qu'on avance. Mais le problĂšme, c'est que vous faites mal votre job. Ou alors, c'est juste votre job qui est impossible Ă  faire, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que moi, je veux juste que tu te sentes bien et que tu sois heureuse, peu importe oĂč. Si tu dois me quitter dĂ©finitivement pour ça, tout laisser derriĂšre toi
 alors soit, j'ai fait mon choix.
Soit heureuse, c'est tout ce que je te demande.
Et préviens-moi avant, ma belle.

De toute maniÚre, nous serons bientÎt réunies pour toujours. Moi, toi, elle, eux
 tous
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Et mon cƓur saigne de ma propre impuissance, et mon Ăąme se dĂ©chire de ne pas pouvoir faire quoi que ce soit.
J'aimerais ĂȘtre un magnifique cygne comme toi, mais je ne suis qu'un canard banal.
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Pluie
La pluie tombe Ă  flots, mais je n'aime pas la pluie. Je n'aime pas quand le tonnerre gronde, quand les Ă©clairs dĂ©chirent le ciel et quand des millions de petits traits brouillent le paysage. Les tempĂ©ratures sont tellement basses pour un mois de juin, je n'arrive pas Ă  m'y faire. Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours eu peur de la pluie, depuis toute petite. Peut-ĂȘtre est-ce ma nature paranoĂŻaque qui me pousse Ă  ces pensĂ©es, mais j'ai toujours l'impression que la maison va s'Ă©crouler sur ma tĂȘte Ă  tout moment. En temps normal, j'aurais aussi eu peur pour quelqu'un d'autre et j'aurais regardĂ© craintivement par la fenĂȘtre pour voir si toi aussi, tu Ă©tais bien en sĂ©curitĂ©. J'aurais frĂ©mis et me serait demandĂ© anxieusement si tu avais froid, lĂ -bas, toute seule. Et j'aurais couru aller te voir dĂšs que j'en aurais eu l'occasion pour te rĂ©conforter. Je sais combien tu dĂ©testes le froid et les orages, tout autant que moi. Nous nous serions accrochĂ©es l'une Ă  l'autre, mais aucune n'aurait vĂ©ritablement mis des mots sur sa peur. Toutes deux, nous nous serions tues, terrifiĂ©es, mais soucieuses de le cacher autant que possible Ă  l'autre pour ne pas lui faire encore plus peur.
J'ai peur du noir. Tu as peur de la solitude. Et nous avons toutes les deux peur des tempĂȘtes.
Mais voilĂ , tu n'es plus lĂ . Personne ne sait oĂč tu es. Tu as disparu. Tu m'as laissĂ©e seule face Ă  l'orage, et maintenant, je ne peux plus te serrer dans mes bras, m'accrocher Ă  toi comme Ă  un ancrage dans la rĂ©alitĂ©. Maintenant, quand la tempĂȘte se dĂ©clare, je vois dans des flashs aveuglants la maison qui s'Ă©croule, et personne n'est lĂ  pour me rĂ©conforter. Maintenant, c'est seule que je dois imaginer quelles affaires je dois sauver et lesquels laisser. Dans quel ordre les prendre. Comment faire mes adieux Ă  celles que je ne pourrai pas prendre. Quel sortie prendre pour mettre ce que j'ai dĂ©cidĂ© de sauver Ă  l'abri. J'aime bien tout contrĂŽler. J'aime bien connaĂźtre exactement mon emploi du temps de la semaine, et, le matin, dans mon lit, minuter celui de ma journĂ©e. On dirait que cette habitude ne me quitte pas, mĂȘme quand ce sont des visions d'horreur que j'imagine et des catastrophes Ă  lesquelles je dois Ă©chapper.
Ca me fend le coeur de ne pas savoir si tu es toujours lĂ  ou pas. Ca me fend le coeur de ne pas savoir ce que tu vis ou ne vis plus en ce moment. Ca me fend le coeur d'ĂȘtre dans cet Ă©tat d'incertitude permanent. Ca me fend le coeur parce que, au fond de moi, j'espĂšre toujours que tu reviendras un jour. MĂȘme si les chances sont minimes, personne n'a encore retrouvĂ© ton corps, alors j'imagine nos retrouvailles en essayant de ne pas envisager l'autre option. La moins.... joyeuse. C'est dur parce que tu as disparu et que je sais qu'un jour ou l'autre, mes vaines priĂšres vont ĂȘtre rĂ©duites Ă  nĂ©ant. Tu es une de mes autres victimes, une Ă©niĂšme. Mais la diffĂ©rence, c'est que pour toi, rien n'est encore prouvĂ©. Eux, ils ont peut-ĂȘtre abandonnĂ©, mais pas moi. La police a peut-ĂȘtre classĂ© l'affaire, mais pas moi. Je vais continuer de garder espoir, et je sais qu'un jour, nous nous reverrons.
Je l'ai promis.
Oui, c'est incroyable, n'est-ce pas, comme on en revient toujours Ă  une histoire de promesse. Je t'ai promis tant de choses, Ă  toi et Ă  tellement de personnes. Combien de promesses ai-je tenu ? Combien vais-je encore briser ? Avec moi, les promesses ne veulent plus dire grand chose, puisque je fais toujours en sorte de les contourner. J'aimerais ĂȘtre tenue par quelque chose qui me force Ă  les tenir. J'aimerais, mais la magie, ça n'existe pas. Et les fins heureuses non plus.
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Allez, tu vas rĂ©ussir. Tu vas le faire. Pour une fois dans ta vie, tu vas rĂ©aliser ton rĂȘve.
Tu vas publier ce livre.
Tu vas, tu vas, tu vas y arriver. Parce que tu fais tout pour ça. Parce que maintenant, il n'y a plus que ça qui compte : publier, publier, publier.
Ca va le faire.
Il faut que tu trouves le courage de te dire que tes histoires vont plaire aux autres.
Il faut que tu trouves le courage de te dire que tes histoires vont plaire Ă  la maison d'Ă©dition.
Il faut que tu trouves ce courage.
C'est mon nouvel objectif. Ca faisait des semaines que je n'avais plus d'objectif, pourtant, me donner des buts Ă  atteindre, c'est bien la seule chose qui me maintient envie.
Mais c'est bon là, j'ai trouvé.
Je vais publier ce livre parce que j'en crĂšve d'envie.
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Non
Non
Non
NON
Juste, pas ça. Je vous en supplie, pas ça, c'est trop dur.

Je m'en doutais. Ca faisait des semaines que l'idĂ©e n'arrĂȘtait pas de me tourner dans la tĂȘte. Je n'arrivais pas Ă  me l'enlever de l'esprit. Mais le voir confirmĂ©, c'est trop dur.
Les tests sont positifs.
Positifs.

- Est-ce que je suis malade, Maman ?
 
DerniĂšre Ă©dition:

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Sang
Quand le sang commence Ă  couler, elle ne comprend pas d'oĂč il vient.
Au dĂ©but, elle ne comprend pas pourquoi de grosse gouttes s'Ă©crasent sur ses doigts et ses poignets. Et puis, elle s'aperçoit que son nez Ă  la dĂ©mange et elle saisit soudain d'oĂč vient tout ce sang.
Elle s'affole.
Elle scrute les barreaux de sa cellule, les murs familiers de pierre grise et froide, le sol terreux. Elle y essuie ses doigts écarlates mais ça ne sert qu'à étaler encore plus le rouge sur sa peau. Elle commence à sangloter, désemparée, désespérée, impuissante.
Elle appelle.
Elle hurle.
Elle se prĂ©cipite vers les barreaux, tend ses mains au travers, passe les bras autant qu'elle peut hors de sa prison, mais le fer l'arrĂȘte aux Ă©paules. Elle continue de crier. Personne ne rĂ©pond. La cellule en face de la sienne est vide. Comme toutes les autres dans son couloir. Parfois, elle se dit qu'elle est la seule dans la prison toute entiĂšre, mais comment en ĂȘtre sĂ»re ? Ca fait des annĂ©es qu'elle n'a pas quittĂ© son couloir.
Le couloir C.
Plus précisément, le couloir C du niveau - 2.
Les gouttes se sang Ă©clabousse Ă  prĂ©sent le sol prĂšs de ses genoux, Ă©corchĂ©s Ă  force de frotter dans la poussiĂšre. Sur le mur tout au fond, des centaines de petits traits parallĂšles marquent tout le haut, en ligne bien droites et bien prĂ©cises. Et puis, tout d'un coup, la derniĂšre ligne s'arrĂȘte.
La trente-troisiĂšme pour ĂȘtre prĂ©cis.
C'est à ce moment là que la prisionniÚre a cessé de compter les jours. C'est à ce moment là qu'elle a totalement et définitivement perdu espoir de sortir un jour, de sentir à nouveau le vent jouer dans ses cheveux abßmés, d'entendre le cris des oiseaux et d'emmagasiner le soleil dans sa peau. Oui, elle voudrait emmagasiner le soleil, le prendre avec elle, le garder pour toujours. Ne plus jamais s'en séparer. Les hurlements de la jeune fille se taisent petit à petit, s'éteignent lentement comme la vie s'est éteinte lentement dans ses yeux.
Ca fait des mois entiers qu'elle n'a pas utilisé ses cordes vocales pour autre chose que crier.
498 jours, pour ĂȘtre exact.
Mais le sang, lui, continue de couler, comme un goutte à goutte silencieux, comme les grains paisibles et inconscients d'un sablier qui mesure le temps. Ca fait tant de temps que le dernier prisonnier de son couloir est parti à son tour, emporté par les gardes, des gardes qui ne viendront jamais lui porter secours maintenant qu'elle se vide de son liquide vital.
852 jours, pour ĂȘtre exact.
Pendant encore 51 jours, elle a continuĂ© Ă  parler Ă  ses geoliers quand ils venaient lui donnaient de quoi se nourrir et boire. Ensuite, elle a arrĂȘtĂ© ce petit manĂšge aussi pour commencer Ă  parler tout seule. Encore 303 jours de folie maladive et elle s'est tue, cessant de prononcer des mots et de former des phrases cohĂ©rentes.
Ses bras se renroulent soudain, revenant dans sa cellule. Et porte ses mains Ă  sa tĂȘte et Ă©touffe un grognement face Ă  la migraine familiĂšre qui l'assaille. Ca fait quelques semaines qu'elle est cause Ă  ces mal de tĂȘte qui brouillent sa vision, dĂ©forment les choses autour d'elle et lui fait perdre tous ces repĂšres. Elles arrivent subitement et repartent toujours aussi rapidement qu'elles sont venues. Comme des fantĂŽmes effrayĂ©s. Dans ces moments, elle sent son crĂąne prĂȘt Ă  exploser, tous les dĂ©tails le mĂ©langent. Ce qu'il reste de ses souvenirs vole en Ă©clat. La cellule grossit, grossit tellement qu'elle l'avale dans ses murs. Et la jeune fille commence Ă  hurler, hurler parce que, comme une petite fille, elle a peur des dĂ©mons qui sortent des murs pour venir manger son Ăąme.
Son corps se liquéfie peu à peu mais personne, personne ne viendra lui porter secours.
Elle va mourir lĂ , seule, triste, ignorĂ©e, torturĂ©e, les lĂšvres recouvertes de son sang qui coule, coule, coule sans pouvoir s'arrĂȘter. Et personne ne s'en rendra jamais compte. Personne ne la pleurera. Parce qu'elle a mĂ©ritĂ© tout ce qui lui arrive. Elle a mĂ©ritĂ© la souffrance, les larmes, la folie, la solitude, l'enfermement... c'est sa punition.
Certains traits sur le mur du fond sont recouverts de sang eux aussi, le sang qui a coulé de ses ongles pendant qu'elle gravait le décompte des jours avec eux. On dirait que le sang est le lien entre tout, tout, tout. On dirait que le rouge est sa couleur, tellement que c'est la derniÚre chose qui la définit encore.
Elle tombe sur le sol, couchĂ©e, presque, dĂ©tendue, tel une Ă©toile enfin prĂȘte Ă  rejoindre ses soeurs, Ă  s'envoler vers le ciel qui tend ses bras rassurant vers elle.
Ses paupiÚres se détendent.
Son corps s'affaisse.
Elle qui s'Ă©tait promis de ne jamais perdre espoir! Elle a quand mĂȘme fini par se laisser briser, comme tous les autres.
Comme tous les autres.

'Cause I believe in my Dreams.
 

tears_of_death

Grand(e) sage
Inscrit
29/10/18
Messages
523
RĂ©actions
128
Je fais tout ça pour vous.
En septembre, je faisais ça aussi pour moi.
Mais maintenant, je me suis détachée. ComplÚtement et totalement détachée.
Détachée de toutes ces choses futiles qui s'appellent "examens", "concours", "brevet".
MalgrĂ© tout, je continue de stresser Ă  mort, comme une dĂ©glinguĂ©e. Mais la cause de ce stress a changĂ©. Je n'ai plus peur parce que rĂ©ussir mon brevet me tient Ă  cƓur. J'ai peur de vous dĂ©cevoir.
Je ne veux pas vous décevoir. Je veux que pour une fois, au moins une fois dans ma vie, vous soyez fiers, fiers de moi, de votre fille.
Je veux rĂ©ussir mon brevet, parce que sinon, je vais encore voir Ă  quel point vos espoirs se sont effrondrĂ©s, Ă  quel point vous ĂȘtes tristes et déçus.
Et je sais que voir ça dans vos yeux, par contre, ça va me faire vraiment mal.
 
Statut
N'est pas ouverte pour d'autres réponses.

ActivitĂ© rĂ©cente đŸŒ±

Haut