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✒️ Plume ardente Les recompositions cathartiques

-Forest-

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L'ambient était un hymne sacré, je nageais dans une étrange mare euphorisante, sous l'effet du Xanax, mon ami de l'époque. Des mélodies réconfortantes, chaudes. De retour dans ma Citroën Saxo, délabrée, mon autre amie de l'époque. J'aimerais continuer ses aventures, mais oui, je pourrais parler de son sentiment de solitude mi-heureuse, mi-mélancolique. Je me sens plein d'inspiration, plein de ce quelque chose de salutaire, le Salut, que je recherche sans cesse, comme un petit chien secouant sa balle frénétiquement
Je m'étais levé, au milieu de l'appart', comme si je sortais d'un périple torturé, cette bouche qui pendait paisiblement, en extase silencieuse. Je me sentais sur une autoroute tropicale, je reprendrais ça pour Bob
On serait devenu immortel
Mais les choses ne tournent pas tout le temps comme elles devraient, et les cités luxuriantes et prétentieuses deviennent d'étranges ruines nous évoquant des choses lointaines, immémoriales, cinglées
 

-Forest-

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Je ressens un vide terrible. Comme l'absence de sens à tout. Une absence de signification
Parfois, on ne peut juste pas sortir de son cerveau une substance créative suffisamment ardente pour échapper à notre pitoyable condition de mortels. Parfois, une poignée de mots suffit à traduire un état d'esprit suffisamment étroit pour ne mériter qu'une dizaine de lignes évoquant chacune des uppercuts notoires.
Bref, tout ça pour dire que je ne fais rien. Je suis assis dans cette voiture depuis maintenant une heure, il fait froid, et les lampadaires émettent une magnifique lueur-aura brumeuse. Le Vorace me hante. J'observe la végétation de cette putain de banlieue bourgeoise, à la fois belle et morose. Le couvre-feu a vidé les rues de ses individualités habituelles, s'acheminant vers des destins dispersés. Une playlist de dark ambient résonne, m'appelle paisiblement, tendrement, comme pour me protéger dans une étrange bizarrerie qui ne repousserait même pas des voyageurs éperdus
Qu'est ce qu'il me reste? Il me reste quoi, si je ne lis pas? Si je ne pense pas? Si je ne regarde pas? Quel est le sens de la vie? Ya-t-il seulement une signification à tous ce merdier insupportable?
Demain matin, je prendrais le RER, jeunes cadres travaillant chez Axa, costard trop rigide et frimeur. J'arpenterais les rues de Paris, ville lumière douce mais impitoyable. J'assisterais à ce cours dont je ne suis même pas sûr d'apprécier la substance
Le Vorace, il m'effraie...
Puis je resterais dans ce restaurant, étant oppressé par la populace hurlant silencieusement des palabres sur Macron, la dernière veste à la mode, que sais-je encore. Mon dégoût est miraculeusement consommé, quoique ce n'est pas tellement ça mais plutôt l'impression de n'appartenir à aucun de ces mondes. Quelle est ma condition? Je vous le demande, que suis-je si ma vie n'obéit pas à des routines? Si je ne suis pas programmé, c'est quoi la vie? J'en ai aucune putain d'idée, je ne parviens qu'à écouter une douce ambient mystérieuse
Mon travail est une fresque pseudo-spirituelle, sociétale. Je dépeins ma réalité mais quelle est-elle?
Je me sens m'abandonner à moi-même, jouir d'un vide sournois qui appelle de ses voeux un soulèvement nihiliste
Ce béton est si moche, cet écart aussi. Tout dans cette résidence n'est que mocheté, dureté bétonnée, caractère trempé et acier inexorable.
Les voix dans ma tête...taisez-vous, juste, s'il vous plaît, fermez votre putain de gueule et laissez-moi écrire
Que me réserve ce lendemain fumant? Je suis en guerre, une guerre spirituelle, métaphysique, une guerre contre moi même, contre des personnalités évasives et belliqueuses. Je cherche l'harmonie mais je ne trouve que l'anarchie...ou l'anomie? Le passé, le présent et le futur sont autant de dimensions imperturbables qui n'attendent qu'à fusionner entre elle pour former une étrange peinture répugnante
 

-Forest-

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J'aurais voulu que les choses se passent différemment, mais il a fallu que ça ne soit pas le cas. C'est dingue cette indifférence, ce refus, sans doute motivé par les affres du passé. Je le comprends, c'est humain, rien d'étonnant à tout cela, mais peut-être que je devrais écrire sur le babillard pour extérioriser, ou par besoin de me faire remarquer. Pourtant c'est peine perdu. Je sais bien que j'ai merdé, que j'ai été mauvais, mais je ne comprends pas pourquoi on peut être détesté comme ça deux ans plus tard, ou pire, devenir une marque de non-prise en compte intégrale, symbole d'un je-m'en-foutisme absolu. Je trouve ça effarant. Bref, tout ça pour dire que ça me rend triste, j'aurais voulu bâtir ça, de nouveau, et non, juste non, et je trouve cela injuste malgré le fait que ça soit purement humain. Mais oublier tout le positif que j'ai apporté, toute la beauté des expériences vécues, je trouve ça terriblement regrettable, la langue manque et fourche pour décrire ce trou dans mon coeur, ce serrement des sens et des perceptions
****
J'étais dans les rues parisiennes, Kid Koala résonnait dans mes oreilles largement éprouvées. Durant le périple, des pensées cherchant une signification à cette existence s'entremêlaient. Nous cherchions un sens, des sens
Il n'y en a pas, et parce qu'il n'y en a pas, eh bien je dois vivre, extraire de mon organisme au métabolisme lance-flamme des extases aujourd'hui guère plus intenses qu'à une certaine époque
Cette banlieue bourgeoise me plaît et me répugne à la fois. Toujours ces mêmes villas dans lesquelles d'étranges familles doivent vivre. Toujours ces mêmes amas de végétation artificielle. Ce goudron sur lequel mes pieds s'abattent. Les rails de ce RER qui se chevauchent les uns les autres, des voitures issues d'une société de consommation effrénée roulant vers des destinations que je ne connaitrais jamais
J'aimerais, je voulais, lire, mais c'est comme si ma concentration se perdait en un mystérieux gaz diffus, invisible, que je renifle pourtant, mais qui est si volatile qu'il en est insaisissable. Alors je ne parviens qu'à nager à l'extrême limite du raisonnable. Je me perds dans des mots que je ne comprends pas, et je m'en veux terriblement. Il ne reste alors que l'ambient, que le béton maudit, damné, et moi, actuellement devant ce PC aux splendides touches rétro-éclairées
Et là j'aimerais tant continuer à m'exprimer jusqu'à plus soif, mais comme un élixir lointain, le carburant tend à manquer, à disparaître vers un horizon lointain que je ne saisirais que quelques nanosecondes. J'aimerais trouver dix mille mots pour exprimer mon malaise existentiel
 

-Forest-

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Je ressens comme une énième révolution, serait-ce la bonne? J'aimerais y croire, j'aimerais juste plonger dans cet élan d'euphorie, constater un flottement intérieur irrésistible
Dans ces moments là, tout semble si facile, insouciant. Le monde et le Moi ne sont que monismes, ils forment un Tout, et je vois l'existence comme une douceur violette
Je dois arrêter ces médicaments, je veux retrouver de cette euphorie jadis éteinte depuis des éons. Il me faut lancer une vaste offensive, être impitoyable, mais l'absence de pitié est quelque chose que je n'ai jamais aimé appliquer dans mon histoire. J'ai la fibre d'un guerrier dans une paix mielleuse, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin
 

-Forest-

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Une symphonie sortie d'un vaste inconscient sordide résonne en mon for intérieur
Malgré le manque d'inspiration, je veux retrouver de la créativité glorifiée. Malgré les mots défunts, je cherche l'extase sentimentale
Peut-être que ce n'est juste pas le moment
Dans le métro, je naviguais sur des flots invisibles. Bruit de moteur, bruit de l'apocalypse. Bruit des pneus, bruit de canailles endiablées
Au supermarché, je flottais entre la drogue, les stupéfiants, du libéralisme économique et de ses étranges marques aussi insaisissables que de mystérieux nuages-désirs éphémères. La nuit tombait comme une lampe datant des années 70, fatiguée par le temps mais largement éprouvée
Pause, inquiétude, bizarre, accident de voiture, groupe électrogène cauchemardesque et enfoui sous une terre oppressante et immémoriale. Encore cette symphonie synthétique, synthétisée à outrance, plus que de raison. Autocar qui flotte sur des traces blanches, de la poudre de perlimpimin, des addictions refoulées. Un dialecte inconnu me parvient, aux oreilles désorientées. Il m'envahit et me provoque des beeps-frissons déjantés. La danse des démons, sur cette petite nationale paumée à perpet', Perpète-Sur-L'Inconnu
 

-Forest-

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La matrice libérale me fait ressentir une osmose avec le monde. Tandis que je cherche un sens à l'existence, ce monisme avec le tout intervient mais me fait craindre de sombrer dans un ultra-matérialisme. Peut-être que cette osmose n'est pas spirituelle mais erronée. Je ressens le questionnement politique au plus profond de mon être, car il sous-tend le rapport aux choses. Et parfois je ne souhaite qu'ignorer cette complexité, m'en échapper, la prohiber pour ne pas m'aliéner. Je crois chercher l'unification au Tout, me voir dans la fusion avec le Tout qui n'est pas nommé, dans une forme résignée. Et je crains que le libéralisme soit un idéal perverti, une fausse fusion. Et parfois j'ai juste envie de laisser tomber tout ça, de tout ressentir, les conflits, les clivages, l'écologie, Billie Eilish, l'incertitude d'un monde qui se cherche sans cesse
Je suis dans ce lit, me laissant bercer par la musique, ayant toute une panoplie d'activités possibles à découvrir. Elle me manque, des choses me manquent, quel est le sens de l'existence? Je devrais refaire de la photographie, capturer des fragments temporels, les retourner dans tous les sens
Peut-être que l'existence, c'est ça, se laisser envahir, tout simplement. Accepter et jouir, rien de plus
 

-Forest-

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Nous sommes dans cette caverne aménagée
J'ai peur du chaos
J'ai peur de l'envie, du désir profond et spontané. Je n'aime pas lorsque les choses échappent à mon contrôle
J'ai peur du vide, il me faut un paradigme mais ce dernier n'est qu'un orchestre falsifié. J'ai besoin de survoler le monde, de marcher, prendre le métro, savourer le bruit des moteurs, la puissance incroyable de la technologie et de l'intellect matériel humain
Je ne travaille pas, je me sens illégitime dans ce mode de vie
Il n'y a que la tendresse, l'ambient infinie, qui carresse avec douceur mon cerveau malade, jadis et toujours détraqué. La musique électronique est une vallée fertile, propice à la méditation improvisée
Société de consommation, Baudrillard, Bourdieu, libéralisme économico-spirituel, travail productif, vous me tenez tous en otage. Je ne suis pas un numéro, je laisse ce monde livré à lui-même
Tasse du financier froide, comme le capitalisme
J'aimerais parler à l'infini, comme un moulin, déchaîner les passions, les mots-étuis
 

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